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Le blog de Loviso

Les textes sacrés de l'islam et la science

23 Mars 2015 , Rédigé par Loviso Publié dans #Histoire & Civilisations, #religion islam, #science islam, #coran et science

  • LES SCIENCES EN PAYS D’ISLAM

Cette civilisation, dont nous voulons étudier la science et son importance dans la constitution des mouvements du XIXe siècle issus de la Renaissance,a été conditionnée et dominée par cette troisième religion monothéiste révélée qu’estl’Islam.Il est donc nécessaire de nous pencher sur les caractéristiques de cette religion et sur les rapports qu’elle a entretenus avec la médecine et les activités scientifiques. [1]

Corpus islamique

Ce corpus est constitué,en premier lieu, du Coran (qui signifie « Récitation »),le Livre sacré des musulmans,composé de cent quatorze chapitres,divisés en soixante sections dont le nombre de versets varie de trois à deux cent quatre-vingt-six.Si l’on tient compte de la chronologie de la révélation de ces versets,on peut les classer en deux grandes catégories : les versets révélés durant le séjour du Prophète à la Mecque, et ceux qui l’ont été à Médine, à partir de 622.

C’est dans cette seconde catégorie que l’on trouve les éléments fondamentaux concernant la gestion de la future cité islamique.[1] Le second texte est le Hadith (Propos).Il est constitué par l’ensemble des paroles,des actes et des comportements attribués à Muhammad.Lorsque les juristes et les théologiens auront à résoudre certains problèmes de la cité qui n’ont pas leur solution dans le Coran,ils se tourneront naturellement vers le Hadith et procéderont par analogie pour trouver la solution qui leur paraîtra la plus conforme à leur compréhension des principes de l’Islam.[1] A l’origine,le Coran était récité.Quand il avait la révélation du message divin,le Prophète le récitait à ses proches compagnons,lesquels le mémorisaient et l’écrivaient sur des supports rudimentaires (le papier n’existait pas

encore). Certains de ses compagnons se sont d’ailleurs ultérieurement spécialisés dans cette mémorisation et dans sarestitution.La retranscription a donc été très rapide,tout du moins oralement.Cela étant,les compagnons concernés étaient relativement nombreux. La langue utilisée-l’arabe-était surtout parlée. [1]

L’étude de ce corpus – qu’il nous faut bien qualifier de scientifique du fait de sa méthodologie – a permis à cette civilisation d’inaugurer de nouvelles activités de recherche avant même le début des traductions.C’est ce qui nous autorise à parler,à la suite des bibliographes arabes, de « science de l’exégèse du Coran » et de«science de Hadith », même si cela paraît quelque peu incongru aux lecteurs habitués à réserver le mot « science » à certaines activités intellectuelles. [1]

1°/La mise du Coran par écrit à l'époque du Prophète Mouhammad

Sur l'ordre du Prophète Mouhammad,les scribes mirent le Coran par écrit sur des lambeaux de parchemin,des peaux d'animaux,des os et des pierres.Les divers fragments révélés,sans être assemblés dans un seul livre,furent mis en ordre selon la révélation de Dieu.D'autre part,quelques compagnons écrivirent pour eux-mêmes des parties et des sourates du coran qu'ils avaient apprises par cœur du Prophète .

2°/La mise du Coran par écrit à l'époque de Aboû Bakr As-Siddîq

Chargé par 'Aboû Bakr As-Siddîq et conseillé par Oumar ibn Al-Khattâb, Zayd ibn Thâbit rassembla le Coran en un seullivre.Pour atteindre cet objectif,il se référa aux manuscrits déjà écrits par les scribes du Prophète.

3°/ La mise du Coran par écrit à l'époque de `Uthmân ibn Affân

Le premier manuscrit du Coran assemblé en un seul volume fut écrit conformément à l'exemplaire rassemblé par Aboû Bakr et conservé chez Hafsa bint Oumar.Pour mettre fin aux désaccords,les copistes prirent en considération les différentes lectures.Les personnes chargées de cette mission furent : Zayd ibn Thâbit,Abd-Allâh ibn Az-Zoubayr,Sa`îd ibn Al-`Âs et Abd Ar-Rahmân ibn Al-Hârith ibn Hichâm.Cette copie était dépourvue de signes diacritiques.Outhmân garda pour lui-même un exemplaire et expédia les autres copies aux métropoles islamiques.(Pour mieux expliquer:un compagnon Hudhayfah ibn Al-Yaman remarqua,sous le califat de Uthman,troisième calife (644 - 656),que les peuples des régions,actuellement,de Syrie et d'Irak se disputaient sur les différentes prononciations de certains mots du Coran,tandis que les nouveaux musulmans des provinces en dehors d'Arabie ne savaient pas bien prononcer les mots du Coran. Le calife `Uthman percevant les risques de division,décide alors d'officialiser un type unique de prononciation de l'arabe du texte coranique et d'établir une classification unique des sourates les unes par rapport aux autres. Ainsi il demande à Hafsa de lui faire parvenir son manuscrit du Coran.Il fait préparer alors plusieurs copies (mus'haf) en utilisant la prononciation du prophète Mouhammad.Cette tâche fut confiée à Zaid ibn Thabit, Abdullah ibn Az-Zubair, Sa‘id ibn As-‘As,et Abdur Rahman ibn Harith ibn Hisham.) Les copies du Coran écrites de nos jours suivraient toujours mot pour mot et lettre pour lettre cette prononciation. L'écriture(la police)utilisée est une écriture nommée « ar-rasm al-uthmanî».Quelques-unes de ces copies anciennes existeraient encore aujourd'hui,l'une se trouverait à Istanbul (Turquie),l'autre à Tachkent (Ouzbékistan).

Analyse historique du Coran:ici

Les gens équitables attestèrent del’extrême précision de la compilation du Coran et de la véridicité et de la rigueur de sa transmission.L’orientaliste anglais Sir William Muir dit : "Le Coran de par son contenu et son ordre exprime avec force la précision de sa compilation.Les diverses parties furent assemblées d’une manière extrêmement simple et sans afféterie. On ne trouve pas dans cette compilation l’empreinte d’une main qui aurait apporté un talent ou un ordre. Elle témoigne de la foi du compilateur et son dévouement pour ce qu’il compile car il n’a pas osé faire plus que de prendre ces versets sacrés et les mettre les uns à la suite des autres." As-Siddîq Abû Bakr de Mohammad Husayn Haykal, p. 332.

«Les prescriptions morales du Coran sont excellentes. La charité, la bienfaisance,l'hospitalité, la modération dans les désirs,la fidélité à la parole donnée, l'amour du prochain, le respect des parents, la protection des veuves et des orphelins, et même, la recommandation plusieurs fois répétée de rendre le bien pour le mal, y sont enseignés.»Gustave Le Bon (1884)- La civilisation des Arabes.

Le troisième calife,Uthman,a jugé,une vingtaine d’années après la mort du Prophète,qu’il était nécessaire de trancher et de fixer définitivement le texte du Coran.Il a donc réuni une sorte de commission qui a retenu sept lectures acceptées dutexte.Le Coran une fois stabilisé,les intellectuels arabes ont persisté dans l’analyse critique des textes et le débat a continué à propos du Hadith.[1] p.51

C'était l’apparition d’une activité nouvelle,consistant à authentifier les éléments du corpus de base de l’Islam.Cettepratique va se développer,à partir de la deuxième moitié du VIIe siècle,selon des critères de plus en plus rigoureux.On va ainsi comparer les relations orales, procéder par induction,par analogie,faire référence aux faits reconnus,recouper les témoignages,etc.Bref,une démarche tout à fait rationnelle dans son principe,assez semblable à celle que peuvent utiliser les historiens actuels pour authentifier des textes.On peut considérer,et je pense,sans risque de se tromper,que ces débats,ces travaux,en particulier ceux qui ont été menés autour de la validation du message du Prophète,ont,du fait de leur dimension critique et du souci de la recherche de critère de vérification qui les a caractérisés,contribué à créer un état d’esprit scientifique.Ils ont également fondé tout un corpus intellectuel rationnel qui a préludé à l’essor ultérieur de la science arabe.C’est là, semble-t-il, le véritable point de départ de la tradition scientifique arabe,et ce bien avant le mouvement de traduction des oeuvres grecques et indiennes,mouvement que l’on considère souvent à tort comme l’unique origine de cette tradition scientifique. [1]

Les textes sacrés et la science

Dans les textes fondamentaux et dans le Coran lui-même,il existe de nombreux passages favorables à la science et des incitations à la recherche.Il faut savoir,par exemple,que le mot « science » et les mots ou expressions qui en découlent (comme savant, etc…) interviennent plus de 400 fois dans le Coran. Parmi les versets qui sont explicitement en faveur de la science, il y a celui-ci : « Dieu placera sur des degrés élevés ceux d’entre vous qui croient et ceux qui auront reçu la science(1) » ; ou celui-ci : « Seigneur, accorde moi plus de science (2)».

(1) Sourate 58, verset 11 (2)Sourate 20, verset 114

On attribue également au Prophète des propos sans ambiguïté en faveur des sciences et des savants. Parmi les plus cités : « Cherchez la science même en Chine »,« La quête de la science est un devoir pour tout musulman », « Les anges poseront leurs ailes sur celui qui recherche la science en signe de satisfaction pour ce qu’il fait » ou « Le savant surpasse le dévot comme la Lune, au moment de la pleine Lune, surpasse les autres astres ». S’élevant contre le traditionalisme aveugle en matière de croyance et de savoir, l’Islam, religion tendue vers la preuve et la démonstration, devient alors de ce fait et à ce titre,religion de certitude. Le Prophète disait aussi :«Une heure accomplie par un savant allongé sur son lit et révisant son savoir est meilleure que les prières d’un dévot durant soixante ans » et dans le même ordre d’idées, «Peu de savoir vaut mieux que beaucoup de culte»,ou encore « La science est plus méritoire que la prière » et enfin « Un seul homme de science a plus d’emprise sur le démon qu’un millier de dévots ». D’où la déférence du Prophète à l’égard des savants, comme en témoignent encore ces « Propos » :« La fréquentation des savants est un acte de piété »,«Les meilleures des créatures vivantes sont les savants »,«Traiter avec égards et reconnaissance la Science et les Savants,c’est vénérer Dieu », et enfin « Les savants sont les héritiers des prophètes dont le seul patrimoine légué au monde est précisément la Science ».

Il est facile de saisir dans ces conditions comment et pourquoi l’instruction et la recherche de la connaissance sont devenues une obligation fondamentale pour tout musulman. Le Prophète libérait ses prisonniers de guerre sans rançon,s’ils apprenaient à lire et à écrire à dix musulmans.Il aimait répéter aussi que :« Assister au cours d’un savant vaut mieux que se prosterner mille fois dans les prières ou assister à mille funérailles ». Et à la question :« Est-ce préférable à la lecture du Coran ? », il répondra, « le Coran, profite-t-il sans la science ? ». Enfin : « L’encre du savant est plus sacrée que le sang du martyr ». [1]

Sources

  • [1] APPORTS DE LA CIVILISATION ARABO-MUSULMANE DANS LA CONSTITUTION DES PRINCIPES PHILOSOPHIQUES DE L’OSTEOPATHIE.
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