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Le blog de Loviso

La civilisation arabo-musulmane en Andalousie : splendeur & apport

6 Juin 2010 , Rédigé par Loviso Publié dans #Histoire & Civilisations

 

« Sous les rois Visigoths, l'Espagne chrétienne avait été dans une situation peu prospère. Sa culture était celle d'un peuple à demi barbare.Espagne-culture-musulmane.jpg
Aussitôt que les Arabes eurent terminé leur conquête, leur oeuvre de civilisation commença. En moins d'un siècle, ils avaient défriché les campagnes incultes, peuplé les villes désertes, créé des monuments magnifiques, établi des relations commerciales avec tous les autres peuples. Ils s'étaient ensuite adonnés à la culture des sciences et des lettres, traduisaient les auteurs grecs et latins, et fondaient des universités qui furent pendant longtemps les seuls foyers intellectuels de l'Europe
[1]  Gustave Le Bon (1884) La civilisation des Arabes

 

Dès que les arabes s'étaient installé en Espagne, les Chrétiens et les Musulmans ont essayé  de s’entendre en langue arabe qui est devenue la langue officielle du pays.Les chrétiens andalous (les Mozarabes) qui étaient  séduits par l’éclat de la langue arabe ont abandonné leurs ancienne culture romano-latine.

La majorité des livres de philosophies et de littératures étaient traduits de l'arabe à l'hébreu et aux langues latines,la traduction des oeuvres des arabo-musulmans était trés courante aux 12 eme et le 13 eme siècles de l'ère chrétien.

 

«Ebloui par l’ampleur de la langue arabe en Espagne musulmane, un certain prêtre espagnol regretta, tout en déplorant lamentablement, ce qui est arrivé à ses coreligionnaires. Il s’agit d’Alvaro de Cordoue qui a manifesté sa crainte à l’égard de la langue latine et son sort à l’intérieur de l’église : « Mes coreligionnaires, dit-il, aiment à lire les poèmes et les romans des Arabes, ils étudient les écrits des théologiens et les philosophes musulmans, non pour les réfuter, mais pour se former une diction arabe correcte et plus élégante... »(1)." Bilinguisme et traduction en Andalousie Pr Mohammed Abbassa, Annales du patrimoine, Mostaganem (Algérie), Université de Mostaganem

 

Au moyen âge la langue arabe avait influencé des autres endroits en dehors de l'Andalousie comme Castille,León et Navarre,même après le recul et le retrait des arabo-musulmans de Tolède la langue arabe a résisté plusieurs autres siècles la bas. 

Cordue

«Le bilinguisme en Andalousie a joué un rôle très important dans la transmission de la culture arabe en Espagne et en Provence. Selon Gibb, les Morisques auraient accompli le rôle d’intermédiaire dans la diffusion des sciences arabo-islamiques dans les royaumes chrétiens(3). Mais encore faut-il ajouter à ceux-là, les Juifs et les esclaves qui s’étaient dédiés aux traductions des connaissances arabes en Europe.»Bilinguisme et traduction en Andalousie Pr Mohammed Abbassa, Annales du patrimoine, Mostaganem (Algérie), Université de Mostaganem

 

L'Andalousie musulmane était pour longtemps un centre de savoir,les villes andalouses étaient pleine de bibliothèques (des milliers) ,des bibliothèques célèbres  connu par le nombre de livres qu'elles contiennent et sans égales dans l'occident.Elle avait tout simplement la civilisation la plus évoluée en Europe.


«Les livres latins demeuraient inhumés dans les abbayes, à la seule disposition des religieux ; par contre, les livres arabes se répandaient dans les fastueux palais des émirs, dans les bibliothèques des juristes et hommes de
foi et même chez de simples citoyens de la classe populaire. Al Hakam II, fils de Abderrahmane III, hérita de son père trois bibliothèques, contenant chacune quatre cent milles volumes(6)."
Les Espagnols s’étonnèrent lorsqu’ils surent que Cordoue contenait, à elle seule, soixante dix bibliothèques. Selon Ibn Rushd, Cordoue, au XIIe siècle, était la seule ville dans le monde entier à posséder le plus de livres et de bibliothèques. Les rois de Navarre et de Barcelone ne se dirigeaient que vers Cordoue lorsqu’ils avaient besoin de livres.
Grâce à la liberté des religions prononcée par les émirs andalous au profit des Gens du Livre, de nombreux étudiants espagnols, francs, anglais et italiens fréquentaient les écoles de Cordoue dans le but d’acquérir les sciences et les cultures arabo-islamiques. D’après Farmer, la musique était introduite au programme d’études, et les étudiants apprenaient les sciences arabes directement, sans recourir à des traducteurs en latin. C’est ainsi que les Mozarabes étaient chargés de diffuser la culture arabe en Europe(7)"
.Bilinguisme et traduction en Andalousie Pr Mohammed Abbassa, Annales du patrimoine, Mostaganem (Algérie), Université de Mostaganem

 

L'Andalousie était la cause du passage de la patrimoine scientifique de la civilisation Islamique  à l'Europe,la cause de ce passage était le contact qu'avait les chrétiens avec les musulmans  surtout en Espagne.Dès que les arabes s'installaient la bas,les chrétiens ont essayé de traduire les oeuvres philosophiques que les musulmans avaient  enrichis après la traduction  des oeuvres greques .

Andalousie

«Les poètes occitans ne connaissent Platon que d’après une seule source : les traductions d’ouvrages arabes par les Juifs espagnols. Ces traductions ont eu un grand écho dans le Nord de l’Espagne, et même dans les seigneuries du Midi, qui les ont encouragées. Les ouvrages arabes passèrent en Occident chrétien, surtout pendant la prise de Tolède par Alphonse VI, en 1085(8).
Pendant le règne d’Alphonse VI, la ville de Tolède fut le centre le plus important d’où s’est propagée la plupart des sciences arabo-islamiques vers l’Europe. Après avoir créé l’un des brillants centres de traduction, le “Colegio de traductores toledanos”, le monarque espagnol a fait appel à d’éminentes personnalités juives et mozarabes dans le but de vivifier la traduction et la transcription.
Le Collège de Tolède a connu de véritables traducteurs venus des pays lointains, tels que les anglais Robert de Kelton et Adelard de Bath, l’italien.Gerardo de Cremona et le juif Abraham ben Azra. Les Anglais, les Espagnols et les Italiens, quant à eux, s’étaient consacrés aussi à la traduction de l’Arabe aux langues romanes ou au Latin. Gerbert d’Aurillac, Companus de Navarre, Morlay et Alphonse le Sage étaient les plus remarquables de ceux qui s’attachaient à la traduction arabe. Grâce à eux, les sciences et les lettres arabes ont pu être transmises en Europe."
Bilinguisme et traduction en Andalousie Pr Mohammed Abbassa, Annales du patrimoine, Mostaganem (Algérie), Université de Mostaganem

 
Grâce à ces oeuvres traduits l'Europe s'est  transformé d'une Europe Moyenâgeuse à une Europe brillante,par contre le monde musulman a connu le déclin..et c'est le destin de toute grande civilisation.

 

  «Grâce aux traducteurs musulmans, chrétiens et juifs, l’Espagne, la Sicile et le Sud de la France, étaient au Moyen Age, les principales rives par où les influences arabo-musulmanes ont pénétré en Occident.
Malheureusement, après l’anéantissement du rationalisme, le monde arabomusulman a connu une longue décadence depuis le XVe siècle, et la civilisation passa, dès lors, du Sud au Nord."
Bilinguisme et traduction en Andalousie Pr Mohammed Abbassa, Annales du patrimoine, Mostaganem (Algérie), Université de Mostaganem

 

 

  La durée de l'empire des Arabes en Espagne fut d'environ huit siècles, c'est-à-dire à peu près égale à celle de la puissance romaine. Il périt victime de ses dissensions bien plus que des attaques étrangères. Son génie politique fut faible, mais son génie civilisateur le plaça aux premiers rangs."[1]Gustave Le Bon (1884) La civilisation des Arabes

Aprés la reconquête de l'Espagne,cette dernière n'a pas pu échapper au déclin malgré qu'elle était à la cause de la transmition du savoir de monde musulman à l'Europe,elle n'est devenu parmi les pays civilisés qu'aux 20 eme siècle.

Gustave Le Bon a montré la situation de l'Espagne lorsqu'il parlait de sa situation après la reconquête et le retrait des arabo-musulmans,il écrivait à la fin du 19eme siècle dans son livre La civilisation des Arabes :

 

«Ferdinand avait accordé par traité aux Arabes le libre exercice de leur culte et de leur langue ; mais dès 1499 s'ouvrit l'ère de ces persécutions qui devaient se terminer au bout d'un siècle par leur expulsion. On commença par les baptiser de force ; puis, sous le prétexte qu'ils étaient alors chrétiens, on les livra à la sainte inquisition qui en brûla le plus qu'elle put. L'opération marchant avec lenteur, en raison de la difficulté de brûler plusieurs millions d'individus, on tint conseil sur la façon de purger le sol de l'élément étranger. Le cardinal-archevêque de Tolède, inquisiteur général du royaume, homme d'une grande piété, proposa de passer au fil de l'épée tous les Arabes non convertis, y compris les femmes et les enfants. Le dominicain Bleda fut plus radical encore. Considérant avec raison qu'on ne pouvait savoir si tous les convertis étaient bien chrétiens du fond du coeur, et observant justement qu'il serait d'ailleurs facile à Dieu de distinguer dans l'autre monde ceux qui méritaient l'enfer de ceux qui ne le méritaient pas, le saint homme proposa de couper le cou à tous les Arabes, sans aucune exception. Bien que cette mesure eût été appuyée avec énergie par le clergé espagnol, le gouvernement pensa que les victimes ne se prêteraient peut-être pas facilement
à la subir et se borna, en 1610, à décréter l'expulsion des Arabes. On eut soin du reste de s'arranger de façon à ce que la plupart fussent massacrés pendant l'émigration.

  L'excellent moine Bléda, dont je parlais plus haut, assure avec satisfaction qu'on en tua plus des trois quart en route. Dans une seule expédition, qui en conduisait 140 000 en Afrique, 100 000 furent massacrés. En quelques mois, l'Espagne perdit plus d'un million de ses sujets. Sédillot et la plupart des auteurs estiment à trois millions le nombre de sujets perdus pour l'Espagne, depuis la conquête de Ferdinand jusqu'à l'expulsion des Maures. Auprès de pareilles hécatombes, la Saint-Barthélémy n'est qu'une échauffourée sans importance, et il faut bien avouer que, parmi les conquérants barbares les plus féroces, il n'en est pas un ayant eu d'aussi cruels massacres à se reprocher.  Malheureusement pour l'Espagne, ces trois millions de sujets, dont elle se privait volontairement, constituaient l'aristocratie intellectuelle et industrielle de la nation. L'Inquisition avait pris soin, d'un autre coté, d'abattre tout ce qui, parmi les chrétiens, dépassait le niveau de la plus faible médiocrité. Ce fut seulement lorsque cette double opération fut terminée qu'on s'aperçut de ses effets. Ils furent très nets. L'Espagne, qui s'était trouvée pendant quelques temps au faîte de la grandeur, tomba presque immédiatement au dernier degré de la plus honteuse décadence. Agriculture, industrie, commerce, sciences, littérature, population, tout s'écroula à la fois. Plusieurs siècles se sont écoulés depuis cette époque, mais, malgré ses efforts, elle ne s'est pas encore relevée de son abaissement. Tolède, qui comptait 200 000 habitants sous les Arabes, n'en possède plus que 17 000 aujourd'hui ; Cordoue qui avait un million d'habitants, en a 42 000 maintenant. Sur cent vingt-cinq villes que comprenait le diocèse de Salamanque, il en reste treize à peine. En étudiant, dans un autre chapitre, les successeurs des Arabes, nous montrerons à quel point la décadence produite par la destruction de ces derniers fut profonde. Si nous l'avons mentionnée ici, c'est qu'aucun exemple ne saurait mieux faire ressortir l'importance du rôle joué par ce peuple dans les contrées où il apporta la civilisation. On ne pourrait trouver d'exemples plus concluants pour montrer l'influence d'une race. Avant les Arabes, civilisation presque nulle ; avec les Arabes, civilisation brillante, après les Arabes, décadence profonde. L'expérience est complète.[...]L'activité des Arabes s'étendait à toutes les branches des sciences, de l'industrie et des arts. Leurs travaux publics eurent l'importance de ceux des Romains. Routes, ponts, hôtelleries pour les voyageurs, hôpitaux, mosquées se multipliaient partout. Lorsque l'archevêque Ximénès faisait brûler plus tard, à Grenade, tous les manuscrits arabes, au nombre de quatre-vingt mille, qu'il avait puréunir, il croyait rayer pour toujours du livre de l'histoire le souvenir des ennemis de sa foi ; mais, en dehors de leurs oeuvres écrites, les travaux dont ils ont couvert le sol suffiraient à perpétuer à jamais leur nom.."[1]

 

A lire aussi :

  1. Civilisation de l'Islam : ses gloires et son apport
  2. Nos ancêtres les Arabes :Civilisation arabo-musulmane au Maghreb et en Espagne(Andalousie)

  Notes :
1 - Reinhardt Dozy: Histoire des Musulmans d'Espagne, Ed. Brill, Leyde 1932, T. 1,
pp. 317 ss.
3 - H. R. Gibb: Literature, in The Legacy of Islam, Oxford University Press 1965, p.
188 ff.
6 - Ángel González Palencia: Historia de la España musulmana, 3a ed., Barcelona -
Buenos Aires 1932, pág. 169.
7 - H. G. Farmer: Music, in The Legacy of Islam, p. 371.
8 - Maurice Lombard : l'Islam dans sa première grandeur (VIIIe - XIe siècle), Ed.
Flammarion, Paris 1971, p. 81.

Sources:

  •   Bilinguisme et traduction en Andalousie Pr Mohammed Abbassa, Annales du patrimoine, Mostaganem (Algérie), Université de Mostaganem
  • [1] Gustave Le Bon (1884) La civilisation des Arabes Ouvrage illustré de 10 photolithographies, 4 cartes et 366 gravures dont 70 grandes planches, d'après les photographies de l'auteur ou d'après les documents les plus authentiques.Le Sycomore 102 Bd. Beaumarchais 75011 Paris
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Benradja 27/10/2016 12:52

Ces documents sont tres interessants pour la culture.