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Le blog de Loviso

Nos ancêtres les Berbères : Histoire des berbères

1 Avril 2010 , Rédigé par Loviso Publié dans #Tunisie-Maghreb

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Tout d'abord et avant de débuter,j'aime rappeler les lecteurs que cet article sera suivi par d'autres articles en relation avec le sujet :les origines des tunisiens et des maghrébins d'une façon générale.Plusieurs raisons m'ont poussé à écrire ces articles et surtout les amalgames que font certains et qu'on les trouve à tord et à travers dans les forums de discussion à propos de l'identité des maghrébins et  leurs origines.
Les maghrébins actuels ,dans leur majorité, ne sont ni des "vrais arabes" ni "des vrais berbères" ni des vrai phéniciens"...,il est certes qu'il existe encore dans le Maghreb des Amazighs "qui se déclarent berbères pures" mais il ne forment qu'une minorité.Mais d'une façon générale, ce sont les différentes civilisations et cultures(berbère phénicienne, romaine, arabe, turque"ottoman") ,qui sont passé par le Maghreb, ont formé l'identité des Maghrébins actuels qui sont majoritairement arabophones.

 

Une identité berbère est  une richesse pour le Maghreb et même si je me sent fondamentalement  arabophone et arabe,qui est le cas de la majorité des maghrébins, je revendique l'histoire de mon pays depuis l'antiquité jusqu'à ce jour avec autant de fiérté pour chaque époque.

 

Même avant la venu des arabes,les berbères était mélangé avec les phéniciens et plusieurs autres minorités(Ibéres,grecs...) qui existaient  dans les temps anciens,et après les conquêtes arabes les peuples du Maghreb ont été mélangé avec les arabes de façon que ce mélange de peuples a créé l'identité des maghrébins actuels,qui sont d'une façon générale  arabophones.

 

Les Amazigs, "les hommes libres"


« De nombreux chercheurs ont pensé et écrit que Amazig signifiait "homme(s) libre(s) " .Ce terme est employé par un certain nombre de groupes berbérophones pour se désigner eux-mêmes. »[Encyclopédie berbère IV, 1987, p 562-568.] AMAZI½, "(le/un) Berbère" par Salem CHAKER p.5

 

 Le passé Berbère remonte à la nuit des temps mais si les Berbères revendiquent une présence au Maghreb, vieille de plus de cinq mille ans, leur nom n’est apparu qu’en des temps beaucoup plus proches de nous. Leur communauté s’étend de la frontière égyptolibyenne à l’Atlantique et des côtes méditerranéennes au Niger, au Mali et au Burkina.
Les populations qui s’installent peu après dans la région, probablement originaires d’Europe et d’Asie,donnent naissance aux ancêtres des Berbères. On sait peu de choses de ces peuples, dont la langue dite libyque est quasi indéchiffrable et présente des similitudes avec le Tifinagh des Touareg. [1]

 

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 Les carthaginois, qui commercent pendant plusieurs siècles avec les Berbères, leur apportent non seulement l’or, la vigne et certaines méthodes agricoles, mais aussi de nouveaux rites religieux. Au IIIème siècle av. J.C., sur le peuple des Massyles établis entre Constantine et l’actuelle frontière tunisienne, règne le premier roi berbère connu, Masinissa, qui avec l’alliance des Romains, fonde le royaume de Numidie.[1]


Les Berbères possèdent une écriture alphabétique (consonantique) qui leur est propre depuis l'Antiquité. Les inscriptions les plus anciennes ont pu être datées du VIe siècle avant J.C. (Camps, 1978). Cette écriture est attestée durant toute l'Antiquité, aux époques punique et romaine. Le témoignage le plus explicite et le plus exploitable en est l'ensemble des inscriptions bilingues, punique/libyque puis latin/libyque (Cf. RIL). Cette écriture est précisément mentionnée par des auteurs1 latins tardifs du Ve et VIe siècle après J.C.

 

la langue berbère :Tamazight


« Le berbère est l'une des branches de la grande famille linguistique chamito-sémitique (ou "afro-asiatique", selon la terminologie américaine initiée par J. Greenberg), qui comprend, outre le berbère : le sémitique, le couchitique, l'égyptien (ancien) et, avec un degré de parenté plus éloigné, le groupe "tchadique". Le berbère peut être considéré comme la langue "autoch-tone" de l’Afrique du Nord et il n’existe actuellement pas de trace positive d’une origine exté-rieure ou de la présence d’un substrat pré-/non-berbère dans cette région. Aussi loin que l’on puisse remonter, le berbère est déjà installé dans son territoire actuel. La toponymie notam-ment n’a pas permis jusqu’ici d’identifier un quelconque sédiment pré-berbère.» [paru sous le titre : « Le berbère », in Les langues de France (sous la direction de Bernard Cer-quiglini), Paris, PUF, 2003, p. 215-227.] LA LANGUE BERBERE par Salem CHAKER p.1

 

Le berbère était en contact avec de nombreuses langues exterieurs comme le punique avec Carthage le latin avec les romains,l'arabe après la conquete arabe du nord africain et enfin avec le français.

 

  • L'ECRITURE LIBYCO-BERBERE


« Une écriture "nationale" ancienne, pérenne et identitaire Les Berbères possèdent une écriture alphabétique (consonantique) qui leur est propre depuis l'Antiquité. Les inscriptions les plus anciennes ont pu être datées du VIe siècle avant J.C. (Camps, 1978). Cette écriture est attestée durant toute l'Antiquité, aux époques punique et romaine. Le témoignage le plus explicite et le plus exploitable en est l'ensemble des inscriptions bilingues, punique/libyque puis latin/libyque (Cf. RIL). Cette écriture est précisément mentionnée par des auteurs (1) latins tardifs du Ve et VIe siècle après J.C.

On est donc assuré que l'alphabet berbère a perduré en Afrique du Nord proprement dite au moins jusqu'à la fin du monde antique.

Dans l'état actuel de la connaissance,on peut cependant admettre comme hypothèse raisonnable que sa disparition dans la zonenord du monde berbère se situe entre ± 550 et ± 750 après J.C.
En revanche, son utilisation a perduré chez les Touaregs qui la dénomment tifinagh ou tifinaɣ , nom féminin pluriel issu de tafineɣ t/tafineq). Chez eux, cette écriture a une fonction essentiellement ludique (messages amoureux, jeux langagiers) et symbolique (marques de propriété, signatures) ; son usage utilitaire était et reste limité à la rédaction de courts messages. Elle n'a pas servi à fixer la mémoire historique ou la littérature de ce groupe berbérophone. Elle est cependant investie de valeurs socio-symboliques extrêmement fortes, au point que les Touaregs se dénomment eux-mêmes souvent Kel tefinaɣ "les gens des tifinagh" car ils perçoivent nettement cet alphabet comme une "écriture nationale" qui les distingue à la fois des Arabes (qui ont leur alphabet propre) et des Négro-africains (censés ne pas avoir d'écritures spécifiques).

Durant la période antique, l’usage de cette écriture était également sans doute assez restreint puisqu'elle ne nous est parvenue qu'à travers des inscriptions funéraires et votives.
L'écrasante majorité des documents libyques est constituée par des inscriptions tombales,très brèves, qui semblent contenir essentiellement des noms propres. Quelques rares inscriptions (2), dans des abris sous roche, qui ont certainement été des lieux de culte, ont un caractère magico-religieux. Un petit groupe d’inscriptions libyques, fortement influencées par les usages épigraphiques puniques (les grandes inscriptions monumentales de la Tunisie du Nord, Dougga : RIL 1 à 12) esquissent même un embryon d'usage officiel de l'écriture berbère puisqu’il s’agit de dédicaces monumentales municipales, en l’honneur de monarques ou de dignitaires numides.
Dans l'Antiquité, cette écriture a eu certainement aussi une fonction identitaire ("berbère") puisque des inscriptions en libyque sont consacrées à des rois berbères (Massinissa), à des dignitaires de rang divers et que de nombreux "indigènes" ont éprouvé le besoin de rédiger les épitaphes de leurs proches en libyque – alors qu'ils avaient bien
entendu l'écriture punique ou latine à leur disposition. L'existence de bilingues latin/libyque,qui semblent avoir été les épitaphes de Berbères ayant servi dans l'armée romaine, confirme la persistance de cette fonction identitaire de l'écriture libyque, y compris pendant la période romaine. Des inscriptions funéraires comme RIL 146 où le même personnage est dénommé : C. Iulius G(a)e(tu)lus dans la version latine et KTH W MSWLT dans le texte libyque confirment à la fois le maintien d'un système anthroponymique libyque parallèle et étranger à l'"état-civil" romain et la persistance d'une conscience identitaire "libyque" forte, se manifestant à travers l'usage de la langue et de l'écriture locales. On a donc bien affaire à une véritable "écriture nationale" berbère puisqu'on en rencontre des traces anciennes dans toute l'aire d'extension de la langue berbère – de la Libye au Maroc, de la Méditerranée au Sahara central –, et que, dans l’Antiquité comme dans la période contemporaine, elle a une fonction de marquage identitaire nette.
»
[Colloque annuel de la SHESL, Lyon-ENS, samedi 2 février 2002] L’ECRITURE LIBYCO-BERBERE. Etat des lieux, déchiffrement et perspectives linguistiques et sociolinguistiques par Salem CHAKER

 

Les berbères  et l'Islam

 

Bien des régions, supportant mal l’omnipotence des fonctionnaires de l’Empire Bysantin et l’extrême centralisation du système, vont faire bon accueil aux idées prônant l’égalité et l’indépendance financière et commerciale apportées par l’Islam. Il semble que, dans leur offensive contre les Byzantins, les troupes arabo-musulmanes, conduites par Oqba ibn Nafi,atteignent l’Atlantique dès 681.

 Pendant une longue période, l’armée musulmane n'a contrôlé qu’une partie de la côte maghrébine à cause de la résistance de queslques tribus berbères . Mais elle a fini par contourner ses opposants et par poursuivre sa conquête. En 711, ses troupes, qui étaient devenues entre-temps majoritairement berbères et mêmes dirigées par un officier berbère (Tariq Ibn Ziyad, qui a donné son nom à Gibraltar), débarquent sur la péninsule Ibérique, mettent en déroute l’armée des Wisigoths et entreprennent la conquête du territoire.

 

  • Les dynasties berbères

 

Les almoravides


Les souverains almoravides sont issus d’un groupe de tribus berbères, les Sanhadja,nomadisant dans le Sahara, entre Sénégal, Niger et Sud marocain, et converties à l’islam à la fin du IXe siècle.[1]

 

Les Almohades


Dès 1121, cependant, la puissance almoravide est déstabilisée par le soulèvement des Almohades, au Maroc. En 1147, ces derniers renversent les Almoravides, qui maintinrent toutefois un royaume aux Baléares, jusqu’en 1202.
Les Almohades (en arabe, al-Muwahhid, « qui proclame l’unité divine »), dynastie berbère musulmane, issue d’un mouvement de réforme religieuse, règnent sur le Maghreb et l’Espagne musulmane de 1147 à 1269.[1]

 

Les Mérinides (1269-1465)

Nomades originaires des hauts plateaux du Maroc oriental, les Beni Merin étendirent leurs pouvoirs à la suite des Almohades dont l'empire se désagrégeait. Une nouvelle capitale, Fès Djedid, est fondée en 1276 par Abou Youssef Yakoub. Grand défenseur de l'orthodoxie religieuse, il entreprit la construction de nombreuses mosquées et médersas, foyers intellectuels dont l'importance ne fera que grandir. Ces universités coraniques témoignent également d'un art nouveau : l'art hispano-mauresque, dont le degré de raffinement caractérise la période mérinide. Grenade, sauvée, connaît son âge d'or.
Abou el Hassan, troisième et plus valeureux des souverains mérinides, contrôlera l'empire de 1331 à 1349. En 1347, il parvient à reconstituer un empire berbère s'étendant de Tunis aux rivages de l'Atlantique. Son fils Abou Inan perd Algérie et Tunisie. Après sa mort, en 1358, le pouvoir s'affaiblit, victime de luttes intestines, et le Maroc se replie sur lui-même.[3]

 

Les Wattassides (XVème siècle)
 
Après avoir régenté les Mérinides, les Wattassides les supplantent en 1472.

Au même moment, l'Europe est prise d'une fièvre conquérante : les Portugais s'emparent de Ceuta (1415) et de Tanger (1471) et créent bientôt des comptoirs sur la côté atlantique. Grenade reconquise (1492), les Espagnols s'installent à Melilla (1497). C'est alors que naît un mouvement de résistance nationale cimentée par l'idée de guerre sainte. Un pouvoir chérifien prend une importance croissante et donnera naissance à la dynastie des Saadiens (1572-1603). [3]


Les Saadiens (XVIe-XVIIe siècle)

Originaires de la vallée du Draa, les Saadiens éliminent les Wattassides et préservent une indépendance menacée par les royaumes européens et la Sublime Porte. Partis de Taroudant, ils occupent le Sous, Marrakech et Fès, reprennent certains comptoirs aux Portugais puis conquièrent Tombouctou.
Devenue leur nouvelle capitale, Marrakech s'enorgueillit bientôt d'une cour brillante et riche en créations artistique (palais el Badi). A la mort de Ahmed Al-Mansour (1603), le chaos s'installe et les confréries deviennent de plus en plus influentes. Le pays sera divisé en plusieurs principautés qui vont s'affronter jusqu'à l'avènement de la dynastie des chérifs alaouites, au milieu du XVIIème siècle.[3]

 Les Alaouites


Originaires du Tafilalet des descendants d'Ali, les Alaouites fonderont au XVIIe siècle une dynastie qui règne encore aujourd'hui sur le Maroc.
Moulay Ismaïl (1672-1727), le souverain le plus célèbre de cette dynastie, réorganisa le Maroc après avoir pacifié les tribus rebelles et vaincu chrétiens et ottomans. Roi bâtisseur, il fonda Mekhnès et y installa sa capitale, affermissant ainsi le pouvoir central. [3]

 

Prochain article :Nos ancêtres les carthaginois 


 

    Notes&Références


(1)Notamment Fulgentius (Fulgence le mythographe) et Corippus au 6e siècle.

(2)L’ une des plus importantes est celle d'Ifigha en Kabylie : Cf. RIL 848 ou Musso & Poyto, 1969, pp. 10-11.

 

  • L'ECRITURE LIBYCO-BERBERE Etat des lieux et perspectives par Salem CHAKER.
  • [1]Courte histoire des Berbères. Sources : Encyclopédie ENCARTA-MS Corp. site Amazellaw.free.fr
  • [3]Les grandes dynasties berbères d'Afrique du Nord(histoire, chefs, réalisations, rapports avec le monde andalous) (Hazem El Shafei) http://www.icbm-orient-occident.org/index_fichiers/Page1524.htm
  • [Encyclopédie berbère IV, 1987, p 562-568.]AMAZIɣ, "(le/un) Berbère" par Salem CHAKER

 


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