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Le blog de Loviso

Tortue terrestre:Testudo graeca...une éspece menacée

28 Mai 2010 , Rédigé par Loviso Publié dans #Animaux

 

 

La Tortue mauresque (Testudo graeca[1]) est une espèce de tortue terrestre de la famille des Testudinidae qui se rencontre principalement sur le pourtour méditerranéen et jusqu'en Russie.

Son nom spécifique, graeca, vient de sa présence en Grèce, où ont été décrits les premiers spécimens.

Actuellement, la systématique de Testudo graeca est en pleine discussion. La classification la plus largement admise et utilisée des tortues de terre du genre Testudo est celle largement fondée sur les travaux de Robert Mertens (1946) et Mertens & Wermuth (1961). Cette classification a été confirmée par Obst et Meusel (1963 et 1978), Pritchard (1979) Chkhkvadze (1970), Mlynarski (1969), Romer (1956), Gaffney (1975) et Williams (1950). Elle constitue une référence fiable pour les travaux les plus courants.

 

La tortue mauresque (Testudo graeca) est souvent confondue à tort avec la tortue d'Hermann (Testudo hermanni) et avec Testudo horsfieldii.

La description des taxons de l'espèce Testudo graeca répond obligatoirement aux critères communs suivants :

  • répondre d'abord aux critères phénotypiques du genre Testudo
  • supracaudale non divisée
  • sillon abdomino-fémoral du plastron légèrement articulé (sauf chez certaines Testudo graeca soussensis)
  • taches plastrales soit absentes, soit présentes mais alors de façon radiale et essentiellement concentrées sur les plaques abdominales
  • absence d'éperon corné à l'extrémité caudale
  • un (et un seul) tubercule corné présent sur chaque fessier
  • 5 doigts (et griffes) aux pattes antérieures, 4 doigts (et griffes) aux pattes postérieures

Certains spécimens peuvent ne pas répondre à 1 critère parmi ces 7. Lorsque au moins 6 de ces 7 critères sont présents, la diagnose indique un spécimen du groupe taxonomique Testudo graeca.

 

Comportement

Les tortues sont des animaux ectothermes, c'est-à-dire que leur température corporelle est intimement dépendante de la température ambiante, leur physiologie ne disposant pas de système régulateur thermique interne. Ce sont par ailleurs des animaux poïkilothermes, c'est-à-dire dont les performances de l'activité métabolique sont dépendantes de la température suivant une fonction appliquant la Loi de Poisson. Les fonctions métaboliques optimales sont acquises au sommet de la courbe graphique de la Loi de Poisson (températures en abscisses, performances métaboliques en ordonnées) affectant la traditionnel forme "en chapeau de gendarme". La température optimale pour le métabolisme poïkilotherme est appelée "Température Moyenne Préférentielle" (TMP). Mais cette Température Moyenne Préférentielle ne doit en aucun cas être maintenue de façon constante, car les différentes étapes nycthémérales du métabolisme poïkilotherme exigent des variations fluctuantes centrées sur cette TMP mais d'amplitude importante suivant les heures du jour et de la nuit.

Par ailleurs si la température augmente trop fortement, les fonctions vitales de l'organisme poïkilotherme vont s'accélérer dangereusement... pouvant aller jusqu’à la mort de l'animal. Pour éviter cette situation, l'animal s'enterre dans un sol frais pour une période d'estivation.A contrario, si la température baisse de façon trop importante, les fonctions vitales de l'organisme poïkilotherme vont être mises progressivement au repos pour économiser toute dépense énergétique. Repos qui peut aller jusqu'à l'hibernation... si l'espèce est adaptée à l'état physiologique d'hibernation par son passé évolutif (ce qui n'est pas le cas des Testudo graeca du Maghreb, contrairement aux Testudo graeca du plateau iranien, de Turquie, de Géorgie, de l'est de la Grèce et de la Roumanie).

Il est préférable que toute variation de température du milieu ambiant soit douce et régulière. Une variation brutale provoque un choc thermique, avec risque important de mort soudaine par tachycardie en cas d'élévation brutale de la température ou par bradycardie en cas de chute brutale de la température.

D'une façon générale, les tortues ont donc des comportements différents en fonction des températures [3]:

  • À moins de 12 °C, les tortues des taxons du Maghreb, de Libye, d'Égypte et de la vallée du Jourdain entrent en dormance hivernale, mais dans un état physiologique qui est différent de l'hibernation, contrairement aux taxons roumains, turcs, géorgiens, irakiens et iraniens, qui, eux, entrent dans un réel état physiologique d'hibernation comprenant une modification de la formulation sanguine, une absence de respiration pulmonaire (remplacée par une faible captation dermique et osseuse de l'oxygène), et une modification totale des ressources énergétiques (notamment glycogène et oxygène) cellulaires pour la synthèse de l'ATP. Cette très grave confusion entre l'hibernation réelle (de Testudo hermanni par exemple) et la dormance de type "Brumation" des tortues nord-africaines est à l'origine de la majorité de la mortalité des tortues de taxons maghrébins (90% de la mortalité de ces tortues) ! Même nées en captivité bien entendu puisque l'adaptation évolutive ne concerne jamais un animal mais la transmission progressive de caractères héréditaires dans une longue lignée au sein de l'espèce.
  • Entre 12 et 17 °C, la tortue est en demi-sommeil plus ou moins léger.
  • Entre 17 et 25 °C, la tortue s’active.
  • Entre 25 et 32 °C, la tortue est très vive et son métabolisme est en pleine activité.
  • Entre 32 et 38 °C, la température monte dangereusement et la tortue estive.
  • Au-delà de 38 °C, la tortue est en grand danger.

 

Tortue mauresque de Tunisie (Testudo graeca nabeulensis )

Il existe une population de Testudo graeca que l’on trouve de la Tunisie et jusqu'au nord-ouest de la Libye. On en trouve majoritairement dans le nord du pays dans le Teboursouk, Beja, Jendouba, Testour (Khroumirie), Kef et les régions d'Ain Draham caractérisées par des précipitations annuelles élevées et une végétation abondante avec des forêts de chênes-liège. On trouve les populations côtières ou vivant dans des zones steppiques dans les régions de Grombalia, de Nabeul, de Kairouan, de Tunis, de Hammamet et dans les oasis de Gabes. Les populations principales se trouvent donc dans le nord du pays le long de la zone côtière (Testudo nabeulensis), ainsi qu’à l’intérieur du pays (Testudo graeca graeca ?). Au sud de la Tunisie et au nord-ouest de la Libye, on en trouve le long des côtes (Testudo flavominimaralis ?), mais en moins grand nombre en raison de la sécheresse extrême.Testudo graeca nabeulensis ressemble un peu à la forme d’une Testudo graeca du Maroc mais elle est plus colorée (jaune). Parfois appelée "Tortue naine" en raison de dimensions très réduites. Cependant des formes tout à fait différentes coexistent. Celle du nord (Testudo nabeulensis) a une carapace jaune clair avec des taches noires. L’écaille supracaudale ne possède pas de marque noire dans le milieu, voire tout au plus des taches très petites. Le plastron présente plus de noir. La couleur des pattes, est dans des tons bruns jaunes. Sur la tête colorée foncée, on trouve généralement une marque plus jaune sur le front. Sur les pattes de derrière, elles possèdent des ergots comme presque toutes les Testudo graeca. Les animaux ont cinq griffes aux pattes avant et quatre griffes aux pattes arrière. Enfin, elles seraient moins sensibles à l’humidité. Une seconde forme au sud (Testudo flavominimaralis) a une couleur de carapace d’un jaune plus pale et un plastron plus lumineux. Il existe également une forme différente que l’on trouve à l’intérieur du pays qui serait plus grande que les populations côtières (Testudo graeca graeca ?). Les mâles adultes font habituellement entre 10 et 14 centimètres de long pour un poids de 200 à 400 g, et les femelles adultes entre 12 et 16,5 centimètres de long pour un poids de 300 à 600 g.

 

La période d'activité principale et d'accouplement de ces animaux en Tunisie va de décembre jusqu'en mars. Les mâles sont particulièrement rapides et agiles dans leurs déplacements. Ils ne sont généralement pas timides, contrairement aux femelles. Les populations du nord de la Tunisie observent une pause hivernale sans hibernation. La Testudo graeca de Tunisie connaît dans son biotope une phase de repos en juin, juillet et août en raisons des températures de plus de 35 - 40 °C. On dit qu’elle estive. Les animaux se dissimulent sous des pierres, des branchages ou dans des cavités dans le sol plus fraîches et les quittent de bonne heure le matin et tard l'après-midi ou le soir à la recherche de nourriture. En revanche, novembre, décembre, janvier, février sont les mois d’hiver. Les températures de nuit sous 7 - 8°C sont rares. Il peut aussi faire chaud en hiver avec des jours de 25 à 30°C. Plus de la moitié des précipitations annuelles tombe généralement dans les 4 mois d'hiver. Les jours les plus frais, les tortues se terrent dans une cachette, puis elles sortent immédiatement les jours plus chauds, s'exposent au soleil et mangent. Grâce à l’ensoleillement, la chaleur est souvent suffisante pour que les tortues restent actives. Les précipitations assurent une bonne croissance des plantes, donc le fourrage est assuré. Voilà pourquoi elles n’hibernent pas dans leur biotope. C'est une tortue à ne pas faire hiberner en captivité. En revanche, les populations du sud de la Tunisie ne font aucune différence entre l'été et l'hiver et n’observent aucun repos hivernal. Voilà pourquoi, il est préférable de connaître l'origine exacte de sa tortue.

 

  • Elevage

Elle est souvent ramenée de Tunisie par les touristes ignorants qu'il s'agit d'une espèce protégée et qu'ils contribuent ainsi à la disparition des espèces.

En climat tempéré, elle ne peut survivre qu'en terrarium ou en extérieur tant que la température nocturne ne passe pas sous 15°C et 20 à 25°C le jour mais c'est une espèce réputée fragile (hexamita, rhinite) qui ne s'acclimate pas facilement. Prévoir l'usage d'un vermifuge à l'arrivée en zone d'élevage.

 

Une espèce menacée

 

La plupart des zones de peuplement par les tortues sont souvent sous le contrôle direct de la Direction Générale des Forêts. Pourtant, les graeca de Tunisie sont menacées pour trois raisons :

  1. Les chèvres, les moutons et les vaches sont des concurrents alimentaires potentiels et ils détruisent leurs cachettes végétales les laissant sans protection contre leurs prédateurs (oiseaux par exemple).
  2. L’activité humaine liée au développement du tourisme avec des hôtels proches de la côte, liée à la construction de nouvelles routes plus longues et plus larges, et liée au défrichement par le feu et à une agriculture de plus en plus intensive, contribue à rétrécir encore et encore leur biotope.
  3. De manière plus significative, il y a le ramassage et le commerce des tortues sur les marchés hebdomadaires et dans les souks (Hammamet, Nabeul, Sousse, Djerba…). Les animaux sont ramassés par des bergers et rassemblés par des paysannes, puis ils sont revendus à des commerçants pour un prix dérisoire aux jours de marché. Il s’agit principalement de très jeunes spécimens, d’adultes mâles mais rarement de femelles. Les touristes achètent parfois ces tortues par pitié et ils les ramènent souvent comme souvenir de vacances ou pour faire plaisir à leurs enfants. Malheureusement, il manque dans la plupart des cas aux nouveaux propriétaires les compétences nécessaires pour maintenir ces animaux dans des conditions correctes, de sorte que beaucoup d’entre eux (de l’ordre de 90 %) meurent rapidement.

La demande détermine l’offre. Chaque tortue achetée est aussitôt remplacée par au moins un nouvel animal. Il faut s'attendre à ce que le maintien logistique des stocks continue d’être assuré et que de nouveaux animaux soient prélevés diluant plus encore les populations naturelles. Parallèlement, sur des souks sans afflux touristique, on ne trouve ni tortues, ni autre reptile. Tout ceci invite à penser qu’aucun achat d'animaux ne peut être justifié pour des raisons pratiques (difficultés de maintenance), éthiques (déportation d’animaux) et juridiques (vente et exportation en provenance de Tunisie interdite depuis 1978).

 

 Document à lire: Testudo graeca:une éspece menacée http://adisnor.dngestion.fr/static/images/pdf.jpg

 

 

 

Sources:

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Testudo_graeca

http://fr.wikipedia.org/wiki/Tortue_mauresque_de_Tunisie

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Commenter cet article

ânhk.over-blog.com 11/11/2010 15:42



Très instructif, merci pour cette synthése bien complète!


Amitiés



Loviso 17/11/2010 00:35



Je te remercie pour vos visites et  vos commentaires.


Votre blog sur l'histoire de l'Egypte est assez importants.